Une vieille dame à sa fenêtre qui regarde le monde tel un tableau
Dans lequel elle ne veut plus être.
Où les époques passent comme des saisons, la sienne est morte,
Et chaque soir elle s'endort avec l'idée de ne plus se réveiller.
Elle se sent seule en bas, les gens de sa vie sont partis,
Et quand elle parle d'elle c'est au passé, s'excuse presque d'être en vie.
N'attend que le dimanche pour aller choisir des fleurs,
Afin d'aller au cimetière se recueillir auprès de son mari défunt.
Puis un rire de petite fille vient ensoleiller la rue, elle court dans tous les sens
La joie de vivre, la vie dans son état pur, qui s'émerveille devant la rosée du matin,
Pleine de « regarde maman » et maman crie vient ici et donne moi la main.
La tête baissée elle obéit d'un air un peu déçu,
Puis la relève voyant la vieille dame à se fenêtre au-dessus.
Echange de regards brefs, brefs mais signifiants,
Etincelant les yeux de la vieille dame qui murmurait doucement.
Cueille ta vie, avant qu'elle soit emportée par le vent.
Cueille ta vie, avant qu'elle soit abîmée par le temps.
Cueille ta vie, tiens là fort et ne l'enferme pas dans leur rang,
Ne là laisse pas s'envoler loin des rêves, cueille là dès maintenant.